Fièvre de West Nile : protéger son cheval dans le Sud-Est
La fièvre de West Nile est une maladie transmise par les moustiques. En 2026, elle a connu en France sa plus forte progression : selon le RESPE, 253 cas équins étaient confirmés dans 18 départements au 11 septembre, soit près de dix fois plus qu'à la même période en 2025. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur fait partie des zones signalées comme particulièrement touchées. Faisons le point sur ce qu'il faut savoir pour votre cheval.
Comment le cheval est-il contaminé ?
Le virus circule entre les oiseaux, qui en sont le réservoir, et les moustiques du genre Culex. Le cheval est un hôte « accidentel » : il est piqué par un moustique infecté, mais il ne transmet pas le virus à son tour.
- Pas de contagion d'un cheval à l'autre, ni du cheval à l'homme.
- La période à risque s'étend du printemps à l'automne (de mai à novembre environ), avec un pic en été et en début d'automne.
- C'est une maladie réglementée : tout cas suspect fait l'objet d'une déclaration obligatoire.
Quels signes doivent vous alerter ?
La plupart des chevaux infectés ne présentent aucun signe, ou seulement de la fièvre et un abattement. Chez certains, le virus atteint le système nerveux :
- Fièvre inexpliquée, baisse d'appétit, abattement.
- Tremblements, contractions musculaires (notamment au niveau des naseaux et de l'encolure).
- Démarche instable, faiblesse de l'arrière-main, difficultés à se relever.
- Hyperexcitabilité ou, au contraire, dépression et comportement anormal.
- Dans les cas graves : paralysie, couchage prolongé, convulsions.
Les formes nerveuses sont sérieuses : d'après l'AVEF, la mortalité des cas sévères non vaccinés se situe entre 30 et 50 % selon la souche, et des séquelles peuvent persister plusieurs mois chez les chevaux qui guérissent. Il n'existe pas de traitement spécifique : la prise en charge repose sur des soins de soutien et un suivi vétérinaire rapproché.
La vaccination : la meilleure protection
Trois vaccins sont commercialisés en France. Le protocole comprend :
- Primo-vaccination dès 6 mois : deux injections espacées de quelques semaines (3 à 6 semaines selon le vaccin utilisé).
- Rappel annuel, idéalement au printemps, avant le début de la saison des moustiques. L'immunité est complète environ 4 semaines après la deuxième injection.
La vaccination ne supprime pas totalement le risque d'infection, mais elle réduit nettement la fréquence et la gravité des signes cliniques. Elle est recommandée par les vétérinaires dans les zones où le virus circule, dont le pourtour méditerranéen. Le meilleur moment pour y penser est la fin de l'automne : vous pourrez ainsi planifier la primo-vaccination ou le rappel de votre cheval pour le printemps prochain.
Limiter les piqûres au quotidien
- Supprimer les eaux stagnantes : seaux, bâches, pneus, gamelles, soucoupes de pots.
- Rentrer les chevaux à l'aube et au crépuscule, quand les Culex sont les plus actifs, ou installer des ventilateurs dans les boxes.
- Protéger les ouvertures (moustiquaires) et utiliser des répulsifs adaptés aux équidés.
- Prendre la température en cas de doute : une fièvre inexpliquée en été ou en automne justifie un appel au vétérinaire.
Que faire en cas de suspicion ?
Devant une fièvre inexpliquée ou le moindre signe nerveux, appelez votre vétérinaire sans attendre. Un prélèvement sanguin permet de confirmer le diagnostic auprès du laboratoire de référence. En attendant, isolez le cheval au calme, à l'abri des moustiques, et évitez de le contraindre s'il présente des troubles de l'équilibre.
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